Plus de 1000 tableaux.
Lorsque j’ai récemment fait le compte et réalisé que j’avais franchi ce cap, j’ai eu une drôle de sensation.
1000 œuvres, c’est beaucoup. Et derrière ce nombre se cachent surtout des années de travail, d’expérimentations, d’erreurs, de doutes, de rencontres, de ventes, de remises en question… et évidemment énormément de peinture.
Le plus amusant, c’est que rien ne me destinait vraiment à devenir artiste peintre.
Je n’ai pas suivi d’école d’art. Je n’ai pas grandi en rêvant de devenir peintre. À une époque, j’avais même beaucoup de préjugés sur la peinture abstraite !
Et pourtant, en 2010, un simple tableau va complètement changer la direction de ma vie. Texte collé
Aujourd’hui, après avoir réalisé plus de 1000 tableaux, j’avais envie de revenir sur cette aventure.
Tout a commencé devant un tableau abstrait
Nous sommes en 2010.
Je passe une soirée chez un ami lorsque mon regard tombe sur un tableau abstrait. Je me souviens notamment de ce rouge carmin et de ce petit trait bleu.
Et là, quelque chose se passe.
Pendant quelques instants, j’ai presque l’impression que tout s’arrête autour de moi.
La peinture abstraite, que je regardais jusque-là avec énormément de distance, provoque soudain quelque chose de très fort chez moi.
C’est probablement là que j’ai compris, sans encore être capable de le formuler, quelque chose qui allait devenir essentiel dans ma pratique artistique :
Il n’y a rien à comprendre, il y a tout à ressentir.
Je rentre chez moi, mais cette toile continue de me travailler.
Une idée commence alors à tourner dans ma tête :
Et si j’essayais, moi aussi, de peindre ?
Mes premiers tableaux… sur une table basse
À cette époque, je suis très loin de l’atelier dans lequel je travaille aujourd’hui.
Je vis dans un petit appartement d’environ 30 m² et je n’ai évidemment pas de pièce consacrée à la peinture.
Alors je fais avec ce que j’ai.
Je peins sur ma table basse.
Je découvre la peinture acrylique, j’expérimente, je rate énormément de choses et j’en mets un peu partout.
Sur la table, sur le sol, dans l’évier…
Beaucoup de mes premières toiles ne me plaisent pas et finissent rincées. Les quelques tableaux que je conserve, je les cache derrière mon canapé. Texte collé
Pourquoi les cacher ?
Parce que je n’assume pas vraiment ce que je fais.
Je ne me considère absolument pas comme un artiste peintre. Je débute, je ne sais pas dessiner et personne autour de moi ne sait vraiment que je peins.
Jusqu’au jour où un ami découvre l’une de ces toiles.
« Tu ne veux pas me vendre ce tableau ? »
Lors d’un anniversaire chez moi, un de mes amis fait tomber son verre près du canapé.
En nettoyant, il aperçoit les tableaux cachés derrière.
Il en sort un.
Autant vous dire que, de mon côté, je suis extrêmement mal à l’aise !
Puis il me demande quelque chose auquel je ne m’attendais absolument pas :
« Tu ne veux pas me vendre celui-là ? »
Ma première réaction est de penser qu’il veut simplement me faire plaisir.
Mais non.
Il aime réellement le tableau.
Et cette petite expérience fait naître une idée : plutôt que d’accumuler mes peintures, pourquoi ne pas essayer d’en proposer quelques-unes sur Internet ?
Mon premier tableau vendu 29 €
Je commence donc très modestement.
J’essaye eBay, Le Bon Coin et Internet de manière générale.
Et je réalise ma première véritable vente :
29 €.
Aujourd’hui, cette somme peut sembler anecdotique. À l’époque, elle représentait quelque chose d’immense pour moi.
Quelqu’un que je ne connaissais pas était prêt à dépenser son argent pour accrocher chez lui une peinture que j’avais créée. Texte collé
C’était incroyable.
J’avais parallèlement une compétence qui allait beaucoup m’aider : je travaillais dans la création de sites Internet et le référencement.
Je crée donc mon propre site consacré à mes tableaux et commence à travailler son référencement.
Petit à petit, les premières visites arrivent.
Puis les premières ventes.
Non, vivre de sa peinture n’est pas une question de « chance »
Avec les années, j’ai parfois entendu :
« Tu as de la chance de vendre tes tableaux. »
Ou :
« Tu as de la chance d’avoir ton atelier. »
Mais lorsqu’on découvre quelqu’un après des années de travail, on ne voit généralement que la partie émergée de l’iceberg.
On voit le résultat.
On ne voit pas forcément les années passées à travailler le soir, la nuit ou le week-end.
Je pouvais me lever à 5 h 30 du matin pour écrire des articles, travailler le référencement de mon site ou peindre avant de commencer ma journée de travail.
Ce n’est pas très spectaculaire.
Mais c’est aussi ça, construire progressivement une activité artistique. Texte collé
Je n’ai pas décidé un matin de tout abandonner en espérant réussir comme artiste.
La transition s’est faite progressivement.
Et c’est d’ailleurs un conseil que je donnerais à quelqu’un qui souhaite aujourd’hui devenir artiste peintre professionnel : ne brûlez pas nécessairement les étapes.
Construisez votre activité parallèlement lorsque c’est possible, testez votre marché, développez votre travail et observez ce qui fonctionne.
YouTube va changer une nouvelle fois mon activité
Vers 2015-2016, je commence également à publier des vidéos sur YouTube.
Au départ, je fais essentiellement des diaporamas présentant mes tableaux.
Ça ne fonctionne quasiment pas.
Puis je décide de filmer une démonstration de peinture.
Et là, je découvre quelque chose.
Il existe une autre audience qui ne souhaite pas forcément acheter mes œuvres mais qui veut apprendre à peindre et découvrir mes techniques de peinture abstraite.
Je commence donc à transmettre davantage.
Les vidéos se développent et, progressivement, naît également l’idée de créer des cours de peinture en ligne. Texte collé
C’est une nouvelle étape importante de mon parcours.
Je ne veux plus uniquement créer.
J’ai également envie de transmettre.
En 2018, je décide de devenir artiste peintre à plein temps
Arrive finalement une décision particulièrement importante.
En 2017, je commence à travailler à mi-temps afin de développer davantage mon activité artistique.
Puis, en 2018, je quitte définitivement mon ancienne activité professionnelle.
Ce choix n’a pas été pris sur un coup de tête.
À ce moment-là, je générais déjà des revenus grâce à mes œuvres et à mes formations. J’avais donc préparé cette transition avant de me consacrer entièrement à ma passion. Texte collé
C’est aussi à cette période que mon atelier actuel prend une place centrale dans ma vie.
Un véritable lieu pour peindre, créer mes vidéos, développer mes formations et écrire mes livres.
Quand je repense à la petite table basse de mes débuts, le chemin parcouru me paraît parfois assez irréel.
Et puis un jour… le tableau n°1000
Les années passent.
Je peins.
Encore et encore.
Certaines œuvres se vendent rapidement, d’autres restent avec moi pendant des années.
Mes tableaux partent en France mais également en Suisse, en Belgique, au Canada et dans d’autres pays. Texte collé
Et puis j’arrive à ce chiffre :
1000.
À partir du millième tableau, j’ai d’ailleurs décidé de changer une habitude.
Pendant des années, j’ai donné un titre à mes œuvres.
Mais trouver continuellement un nouveau nom ayant une signification particulière devenait presque une contrainte.
Alors j’ai décidé de faire beaucoup plus simple.
Le tableau n°1000 est devenu… le tableau 1000.
Puis vient le 1001, le 1002, etc.
Je trouve finalement que cette numérotation raconte elle-même une histoire : celle de toutes les œuvres qui l’ont précédée. Texte collé
Ce que 1000 tableaux m’ont appris sur la créativité
Lorsque l’on commence la peinture, une peur revient souvent :
« Et si je n’avais plus d’idées ? »
Après plus de 1000 tableaux, je peux vous dire que la créativité ne fonctionne pas vraiment comme ça.
Une idée en entraîne une autre.
Une technique ouvre une nouvelle porte.
Et surtout, une erreur peut parfois devenir le point de départ d’une série entière.
Certaines de mes créations récentes que j’aime particulièrement sont justement nées d’une erreur que j’ai décidé d’exploiter. Texte collé
C’est aussi pour cela que je pense qu’un artiste ne doit jamais considérer qu’il s’est définitivement « trouvé ».
Il faut continuer à expérimenter.
Continuer à apprendre.
Continuer à se remettre en question.
Plus de 1000 tableaux… mais ce n’est finalement pas le plus important
Avec le recul, ce qui me touche le plus dans cette aventure n’est pas réellement le nombre de tableaux réalisés.
Ce sont les personnes rencontrées grâce à tout cela.
Je reçois régulièrement des messages de personnes qui regardent mes vidéos pour apprendre la peinture, évidemment, mais également simplement pour passer un bon moment.
Je pense notamment à cette dame qui m’avait expliqué qu’après la disparition de son mari, elle prenait son petit-déjeuner avec ma tablette devant elle et l’une de mes vidéos.
Ensuite, certains jours, elle trouvait la motivation pour prendre ses pinceaux et peindre à son tour. Texte collé
Ce genre de message remet beaucoup de choses en perspective.
Si une vidéo, un cours ou simplement ma manière de partager ma passion peut donner à quelqu’un l’envie de créer, lui changer les idées ou lui apporter un peu de bonne humeur…
Alors pour moi, c’est gagné.
De 0 à 1000 tableaux… et maintenant ?
Je ne sais pas exactement où tout cela me mènera.
Peut-être qu’un jour je travaillerai dans un autre atelier.
Peut-être que ma peinture changera encore complètement.
En réalité, je l’espère.
Parce que cette aventure m’a appris une chose : continuer à créer, c’est continuer à évoluer.
En 2010, je ne savais pas peindre.
Je travaillais sur une table basse dans un petit appartement et je cachais mes premières créations derrière mon canapé.
Aujourd’hui, j’ai réalisé plus de 1000 tableaux.
Et finalement, ce chiffre ne me donne pas l’impression d’être arrivé quelque part.
Il me donne surtout envie de découvrir à quoi ressemblera le tableau n°2000.





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